samedi 25 juin 2016

Sans prétentions ... Tarte rustique aux tomates anciennes, saveurs d'Italie

Sans prétentions. 

Je ne veux pas tricher avec moi même. 

Je ne veux plus m'obliger à être quelqu'un que je ne reconnais pas. 

Je veux du vrai, du sensible, du prudent, du courage. 

Je veux découvrir, goûter, sentir, déguster, sourire, lever les yeux, rougir, pleurer.

Je veux danser, nager, escalader, courir.

Je veux dormir, vibrer, caresser, serrer. 

Je veux ne plus avoir peur, 

Avoir confiance et me laisser faire, rien qu'un peu, rien qu'un peu plus encore ...



L'été est là ... 

Pour 3 personnes en plat, pour accompagner d'une jolie salade craquante, tomates fraîches & feuilles de basillic :

-180g de farine (moitié semi-complète, moitié épeautre)
-Herbes de Provence, sel, poivre
-40g de margarine (ou d'huile d'olive)
-Eau

-Quelques tomates anciennes, celles que tu as choisi pour ce qu'elles sont
-Du caviar de tomates ou Pesto Rosso
-200g de Burrata


Mélanger la farine et l'assaisonnement. Ajouter la margarine, et de l'eau petit à petit, jusqu'à former une boule de pâte. Réserver en frais.

Couper les tomates en tranches ou lamelles.

Étaler la pâte sur un papier sulfurisé, disposer dans un moule à tarte.
Tartiner de Pesto Rosso, ajouter les tomates, puis la Burrata en morceaux.
Poivrer, saler et parsemer d'herbe de Provence.

Enfourner 35 minutes à 180°. Odeurs de Burrata fondue, de Provence et de bruits de cigales...

Elle ne ment pas cette tarte. Elle n'est pas prétentieuse. Elle ne s'invente pas des histoires. Je crois que c'est une tarte honnête, parce qu'elle est simple.


samedi 18 juin 2016

Je suis un tout.

De longues semaines sans prendre le temps de poser des mots.

De longues semaines happée par le rythme effréné de la vie, qui avance.

Mais peuplées de hauts, assombries par des bas.

Il s'est passé beaucoup de choses, en réalité. Des choses qui m'ont fait me poser de nombreuses questions et m'ont aussi permis de réaliser le chemin parcouru. 

Un grande fatigue m'a envahit. De la lassitude aussi. C'est arrivé un matin, en fin de semaine, épuisée des trajets maison-métro-boulot-métro-maison, qui mangent le peu de temps que j'ai pour moi.

J'avais ouvert une nouvelle voie. Voie de l'ouverture à l'autre. Chose que je craignais tant. 



Or, comme je l'ai appris, et comme j'en avais déjà parlé, la peur est un moteur. La peur est un indice qui montre quels sont nos points faibles. Dans mon cas, je crois bien que 99% de mes craintes sont  ... Futiles et infondées. 

Mais néanmoins très accaparantes.

Je me plaignais de la solitude. Et c'est sûr, ce n'est pas dans le métro, ni entre deux rayons du Carrefour que l'on trouve l'amitié ou autre. A moins d'être particulièrement insistante auprès du même caissier/chauffeur/vendeur à chaque passage ... 

Pour la première fois de ma courte existence je me suis lancée dans une expérience ... Nouvelle.

Que je trouvais si ahurissante jusqu'alors, mais je ne jugeais pas les personnes qui en étaient habitués.

Un site internet. Un site oui. Pour rencontrer. Pour trouver. Pour échanger. 

Whaou. Ok, je dis le mot. Un. Site. De. Rencontre.


Moi, Marie, presque 22 étés au compteur, de longues années de craintes des hommes ? Moi Marie ? La timide, la réservée ? Celle qui aime finalement tant parler, rencontrer, mais qui construit une muraille de Chine autour de son âme pour éviter d'être blessée ? Quitte à rester ... Seule ?


De toute façon, je n'avais rien à perdre. 


De toute façon, c'est juste une expérience de plus. Je jugerai par moi-même. 

Se définir, se présenter, et que dois-je dire ou ne pas dire de moi ? Qu'est-ce qui est vrai, au fond ? Est-ce que tous ces gens sur le monde de l'internet trichent ? Est-ce que ces gens cherchent "un coup d'un soir" ? Est-ce que ces gens sont des fous-violeurs-narcissiques-pervers-intellos-geeks ?

Et moi, je suis qui pour oser juger ?

Est-ce que l'on va me parler si je semble trop timide ? Est-ce qu'il faut être avantageuse dans sa description ? Quelle photo mettre ? Comment être vraie sans faire peur ? Est-ce que je fais peur ? Est-ce que j'ai peur ?

Bref. Finalement, oser être en échange et en relation avec l'autre m'a vraiment permis, d'abord de me demander qui j'étais. 

Et finalement, oui, j'ai "rencontré", échangé. On m'a dit "enchanté". On m'a posé des questions, banales. On m'en a posé d'autres, très étranges ("est-ce que tu es fétichiste des pieds ?") (hummm. Comment dire ?!!) . On m'a affirmé que j'étais "très charmante mademoiselle t'sais".

Quand les phrases n'étaient pas impolies, elles pouvaient être intéressantes, ou truffées de fautes (et là, j'ai beau tenter de ne pas juger, je n'arrive même plus à lire)

JE NE JUGE PAS. Qui serais-je pour juger, d'abord ? Personne.

Alors j'ai continué. Et on m'a posé cette question. Bizarre. "Est-ce que tu es heureuse?"

Bim. Touchée. Coulée.

Heureuse. Comme ... Bonheur ? En bonne santé ? Aimée et aimante ? Joyeuse ? 

Oui je suis optimiste. Oui je cherche le bleu là où c'est noir.

Oui je cherche la lumière là où il y a de l'ombre. Mais car je n'ai pas le choix. Nous n'avons pas le choix. C'est si simple de se laisser enfoncer par les soucis. C'est si simple de se plaindre. Il y aura toujours mieux mais il y aura toujours et certainement bien pire.


C'est difficile, d'être heureux. Et pourtant inné.

Voilà comment, ce matin là, je me suis retrouvée blasée. Parce que en toute honnêteté, non je ne suis pas pleinement heureuse.

Non, mon stage ne me passionne pas. Je n'ai pas le ventre qui fait des papillons d'amour. Je n'ai personne qui m'attend le soir chez moi. 

Je suis encore et toujours envahie par ce symptôme, bien qu'il s'estompe peu à peu.

Oui, je reste fragile, je reste sur la défensive, comme un oiseau tombé trop tôt du nid.

Non, je ne suis pas ultra-confiante en l'avenir car j'ai peur de ne pas trouver mon chemin...

Mais si je me retourne, alors je vois les kilomètres et les avancées incroyables que j'ai fait. 

Je me revois arrivant à bout de force par ce train, soulagée de tenir encore un peu debout. Plus que quelques heures à attendre, plus qu'un peu de temps avant d'être enfin prise au secours, avant de recevoir la bouée qui m'empêcherait de couler, et mourir. 

Je me rappelle ces premières nuits, ces premières semaines à la clinique, d'insomnie totale, de faim incroyable, sans fin, sans fond. 

Je me souviens de ces repas normaux qui étaient gigantesques pour mon pauvre corps affaibli, complètement ravagé par la maigreur.

Je me remémore, ces nuits passées à craindre que mon cœur ne lâche durant la nuit. 

Et surtout, de cette honte, de cette haine infinie envers moi-même pour avoir osé me détruire à ce point. Ce manque de respect immense pour la vie. 


Ce foie qui se tordait de douleur pour gérer ces quantités de nutriments qu'il n'avait pas vu depuis des mois.

Ces lundis passés sur une balance, qui indiquait que la vie revenait dans ce corps.

Toutes ces larmes versées, tous ces pleurs lâchés, toutes ces confessions sur le divan, devant cet homme qui m'avait cernée.

Je me retourne et je vois tout ça. Cela ne signifie pas que je suis heureuse aujourd'hui. Mais que j'ai accepté de me battre pour l'être. 

Que j'ai intégré l'idée que si je voulais vivre, alors je devrais apprendre à aimer celle que j'ai été, celle que je suis et celle que je deviens.

De façon illimitée et sans condition.

Que la première joie, c'était de se sentir d'abord bien avec soi. De saisir chaque minute comme une opportunité de danser, rire, manger, crier, voir, sentir, palpiter.

Et peut-être même tout cela avec quelqu'un, un jour. 

Alors, sur ce site, finalement, j'ai compris que c'était déjà un début de quelque chose, un pas de curiosité vers l'autre que je n'avais été capable de faire que parce que je commençais à être aussi curieuse envers moi-même, et surtout, un peu plus bienveillante.


Tu es tout, et c'est déjà immense.

samedi 28 mai 2016

Société, culpabilisation et fragilité


Je me sens prisonnière. Pas libre. Enfermée par cette société qui nous assène de faire toujours mieux
pour se rendre meilleurs.

Au fond, chaque être humain vit avec ce besoin vital d’être aimé et reconnu. D’abord par sa mère, son père. Les mains douces qui câlinent, les mots doux qui rassurent. Puis le cercle proche des enfants de l’école, de la maîtresse qui enseigne. Puis des amis qui grandissent, des regards qui changent. La télé, les journaux, la mode, les films, les paroles des chansons. Les codes sociaux. Les bonjours hypocrites et les regards baissés de honte.

Je démarre cet article de façon hasardeuse. Je ne sais pas où il m’amènera, je sais juste qu’aujourd’hui, samedi 28 mai 2016, alors plusieurs personnes « soignantes » m’ont dit cette semaine de me lâcher, je me lâche. J'en ai pleuré d'épuisement lors d'une séance de kiné, laissant inonder mes joues de larmes salées.

Trop de tensions accumulées, trop de non-dits. Je prends sur moi sans même m’en rendre compte. J’ai
l’impression de faire preuve d’indépendance dans mes choix, mais je réalise que cette société me malmène, me perturbe, et pire, me plie à sa volonté.

Je suis prisonnière de ces injonctions permanentes. De ces dictats concernant l’alimentation, concernant la forme du corps, concernant la quantité de choses accomplies chaque jour.

Je suis énervée de voir cette collègue refuser des biscuits, se ruer sur la bouteille d’eau lorsqu’elle a
faim, et encourager les autres à manger.

Je suis énervée que la société nous fasse croire qu’il faut mériter de manger, mériter de se faire plaisir, mériter de VIVRE.

Je déteste cette image galvaudée de ce que doit être une femme. De cette intransigeance envers soi,
son corps. Sa manière de parler, sa façon de s’habiller.

Je rage contre moi-même, d’être malgré tous mes efforts pour lâcher-prise, malgré toutes mes tentatives de lutte contre ces « il faut », influencée.

Cette culpabilité qui te ronge, qui rampe sournoisement quand tu te compares à cette femme, à cette
assiette, à cette force, à cette vie.

Cette fragilité constante, cette sensation étouffante de ne pas être toujours maitre de mes choix, domptée par les dictats et les « on dit. »

Cette société schizophrène, qui te dit de manger plus bio, plus local. Qui t’assène à coup de jus et de
détox. Qui dit tout et son contraire. Ne manges pas de gluten, ni les fruits crus, mange les cuits (mais pas trop pour les vitamines !). Ne te ressers pas, mais apprends à te faire plaisir, c'est chiant les coincées, mais bon, faut savoir ce qu'on veut, il le faut être belle. Mais oui, mais c'est dans la tête, alors ... Mais bon fais du sport, quand même.

Je déteste ces réseaux sociaux qui malgré toutes les bonnes volontés, reste un lieu de tous les extrêmes, de toutes les exubérances.

Ces corps étalés à la vue de tous. Ces assiettes « propres » applaudies par de pauvres moutons suiveurs, admiratifs devant tant de conformité. Ces repas de tous les excès, de toutes les sauces les
plus abondantes. Cette culpabilisation étalée. « Ne faites pas ci, ne faîtes pas cela. ». Ces personnes qui sont dans leur monde, parfois cloisonnées dans des systèmes de remplissages du vide permanent, d’excès en tout.

Je rage de cette partie de moi qui y est sensible.

Touchée. Atteinte. Seule.

Je n’ai personne pour me serrer dans ses bras. Et me dire que je mérite de vivre. Que cette personne
tient à moi. Que je suis quelqu’un dans la vie de quelqu’un. Que je suis une entité qui a de l’intérêt pour une personne. Que quelqu’un pense à moi.

J’ai dérivé ? Peut-être. Mais voilà, je me sens vide. Alors malgré toutes mes tentatives d’indépendance face à cette société, je reste perméable.

J'aimerai pouvoir me sentir libre. Et être serrée dans des bras, aussi.